La taxe de séjour est payée par le voyageur, mais ce n'est pas toujours la
même personne qui la collecte : selon le canal, c'est Airbnb, Booking.com ou
le loueur. Une conciergerie qui gère des logements sur les trois doit savoir,
séjour par séjour, qui s'en est chargé. Ce guide reprend les règles officielles
de 2026, le barème et les exonérations, puis ce que cela change pour une
conciergerie. Il est écrit par l'éditeur d'un logiciel né dans une
conciergerie, et chaque règle citée a sa source en lien.
Ce qu'est la taxe de séjour, en trois règles
La page
Taxe de séjour : quelles sont les obligations des hébergeurs ?
du ministère de l'Économie, écrite le 15 janvier 2026, pose le cadre.
- C'est un impôt local. La commune ou l'intercommunalité qui l'instaure
fixe sa période de perception et ses tarifs, et les transmet à
l'administration fiscale avant le 15 septembre de l'année précédente.
- Elle vise tous les hébergements touristiques payants, meublés de
tourisme compris.
- Elle se perçoit au réel ou au forfait. Au réel, le voyageur la paie en
plus de la nuitée, par personne et par nuit. Au forfait, l'hébergeur la
paie lui-même selon la capacité d'accueil du logement.
La distinction compte : les plateformes ne collectent que la taxe au réel.
Dans une commune au forfait, c'est le propriétaire qui paie, même pour ses
séjours Airbnb.
Sur Airbnb : la plateforme collecte et reverse
La page
Collecte et versement par Airbnb de la taxe de séjour en France
est claire : Airbnb collecte la taxe pour les réservations faites sur sa
plateforme dans les villes qui l'ont instaurée au réel et qui se sont inscrites
auprès de l'administration fiscale. Il collecte aussi les taxes additionnelles
du département et de la région, et reverse le tout à la commune au nom des
hôtes.
- La collecte a lieu à la réservation et s'ajoute au prix payé par le
voyageur : elle ne réduit pas le versement de l'hôte.
- L'hôte n'a rien à faire pour ces séjours, ni collecte, ni versement, ni
déclaration, qu'il soit particulier ou professionnel. Il ne peut pas non plus
refuser cette collecte.
- Le taux dépend de la catégorie déclarée dans l'onglet Réglementations de
l'annonce. Sans elle, Airbnb applique le taux d'un meublé non classé : un
logement classé en étoiles doit donc le déclarer.
Un point de vigilance : cette page ne cite, pour l'Île-de-France, que la taxe
régionale de 15 %, alors que le ministère y ajoute depuis 2025 une taxe
additionnelle de 200 % au profit d'Île-de-France Mobilités.
Sur Booking.com : tout dépend du paiement
La page partenaires
Understanding VAT and local taxes
de Booking.com distingue deux situations.
Le voyageur a payé d'avance par Paiements par Booking.com. Booking encaisse
les taxes exprimées en pourcentage ou en montant fixe par nuit ou par séjour.
La taxe fixée par personne, elle, n'est collectée automatiquement en France
que pour les logements non professionnels. La France figure enfin parmi les
quatre pays où Booking indique calculer et reverser lui-même la taxe des
réservations qu'il encaisse.
Le voyageur paie sur place, ou la taxe par personne n'est pas comprise.
C'est alors à l'établissement de la collecter à l'arrivée, puis de la reverser
lui-même. Les réglages se lisent dans l'extranet, menu Établissement, rubrique
TVA, taxes et frais, et ne se modifient qu'en écrivant à Booking depuis la
messagerie de l'extranet.
Une conciergerie doit donc vérifier annonce par annonce ce que Booking
collecte, et noter sur chaque séjour si la taxe reste à percevoir.
En réservation directe : le loueur fait tout
Quand le voyageur réserve sans plateforme, personne ne collecte à sa place.
Selon la page du ministère, le loueur doit :
- Faire apparaître la taxe sur la facture, à part, car au réel elle n'est
pas soumise à la TVA.
- La reverser au comptable public aux dates fixées par la commune,
mensuelles, trimestrielles ou annuelles selon la décision locale.
- À Paris et dans certaines communes d'Île-de-France, déclarer chaque mois
et payer chaque trimestre sur taxedesejour.paris.fr, depuis le
1er avril 2025.
En l'absence de déclaration ou en cas de retard de paiement, le maire peut
engager une taxation d'office après mise en demeure, et tout retard de
versement coûte un intérêt de 0,20 % par mois.
| Canal de la réservation |
Qui collecte |
Qui reverse à la commune |
Ce que fait le loueur |
| Airbnb (commune au réel) |
Airbnb, à la réservation |
Airbnb |
Déclarer la bonne catégorie dans l'annonce |
| Booking.com, payé d'avance |
Booking.com (taxe par personne : non professionnels seulement) |
Booking.com, selon sa page partenaires |
Vérifier la rubrique TVA, taxes et frais |
| Booking.com, payé sur place |
L'établissement, à l'arrivée |
L'établissement |
Collecter, déclarer, reverser |
| Réservation directe |
Le loueur |
Le loueur |
Facturer à part, déclarer, reverser |
| Commune au forfait |
Personne |
Le loueur |
Déclarer en mairie, payer selon la capacité |
Le barème 2026 et le calcul pour un meublé non classé
Chaque commune vote son tarif dans une fourchette nationale. Selon la fiche
Taxe de séjour touristique : quels sont les tarifs ?
de service-public.fr, vérifiée le 1er janvier 2026, un meublé de tourisme
classé paie par personne et par nuit entre 0,20 € et 0,80 € pour une étoile,
et jusqu'à 3,60 € pour cinq étoiles.
La plupart des logements gérés par une conciergerie ne sont pas classés. Pour
eux, la commune vote un taux compris entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée par
personne, hors taxes, dans la limite du tarif le plus élevé qu'elle a adopté.
Le département peut y ajouter une taxe additionnelle de 10 %.
Un exemple, avec des chiffres posés pour l'illustration : un appartement non
classé loué 120 € la nuit à deux adultes pendant trois nuits, dans une commune
à 5 % et un département à 10 %. La nuitée coûte 60 € par personne, la taxe
communale est de 3,00 € (60 × 5 %), la départementale de 0,30 €, soit 3,30 €
par personne et par nuit, et 19,80 € pour le séjour (3,30 × 2 × 3). Le vrai
taux de chaque commune se lit dans le
simulateur officiel des tarifs.
Qui ne paie pas : les exonérations
Les exonérations ne valent que pour la taxe au réel. Le ministère en liste
quatre : les mineurs, les personnes en hébergement d'urgence ou en relogement
temporaire, les saisonniers employés dans la commune, et les occupants d'un
logement dont le loyer est inférieur à un montant fixé par la commune.
Sur Airbnb, la page
Obtenir un remboursement si vous bénéficiez d'une exonération
précise que les moins de 18 ans sont exemptés automatiquement si leur âge est
bien saisi, tout comme les séjours de plus de 365 jours. Pour les autres cas,
le voyageur demande le remboursement à la mairie, pas à l'hôte.
Conciergerie : la taxe de séjour sur la facture du propriétaire
Qui déclare les séjours directs ? Le redevable est l'hébergeur, donc en
principe le propriétaire. Si la conciergerie encaisse les réservations directes
pour lui, le contrat doit dire qui collecte, qui déclare et à quelles dates.
Les clauses à prévoir sont dans
Contrat de conciergerie Airbnb : les clauses clés,
comme celles de la caution.
Sur quoi se calculent les honoraires ? La taxe n'est un revenu ni du
propriétaire ni de la conciergerie : elle appartient à la commune. Une
commission calculée sur un montant qui la contient prélève un pourcentage sur
un impôt. La facture au propriétaire la montre donc à part et la sort de la
base des honoraires.
Comment éviter la double collecte ? Un voyageur Airbnb a déjà payé sa taxe.
La lui redemander à l'arrivée, parce que le même logement la perçoit sur place
pour Booking, est l'erreur classique d'un planning tenu à la main. C'est l'une
des décisions à cadrer avant le premier logement, avec celles du guide
Devenir conciergerie Airbnb.
Comment Chevalier PMS traite la taxe de séjour
- Quand la plateforme transmet le montant de la taxe, c'est lui qui fait
foi, et il apparaît sur le détail de la réservation.
- Le barème de la commune, taux et plafond par nuit, se règle dans
Paramètres, onglet Entreprise. Il sert à calculer la part de taxe comprise
dans le prix d'une réservation directe, mineurs déclarés retirés.
- La taxe n'est jamais comptée comme un revenu : elle a sa propre ligne
sur la facture au propriétaire, et une case des règles de facturation la
retire de la base des honoraires.
Le logiciel coûte 35 € HT par mois pour le premier logement, puis 8 € HT par
logement supplémentaire, avec 15 jours d'essai : le détail est sur la
page des tarifs.
Questions fréquentes
Qui doit payer la taxe de séjour sur Airbnb ?
Le voyageur. Airbnb l'ajoute au prix à la réservation et la reverse à la
commune, dans les villes qui l'ont instaurée au réel. L'hôte n'a rien à
déclarer pour ces séjours, mais il doit indiquer la bonne catégorie de
logement dans l'onglet Réglementations.
Booking.com collecte-t-il la taxe de séjour en France ?
Pas toujours. Pour un séjour payé d'avance par Paiements par Booking.com,
Booking encaisse la taxe, y compris la taxe par personne d'un logement non
professionnel. Pour un séjour payé sur place, l'établissement la perçoit à
l'arrivée et la reverse lui-même.
Faut-il déclarer la taxe de séjour d'une réservation directe ?
Oui. Le loueur la fait apparaître à part sur la facture, puis la reverse au
comptable public aux dates fixées par la commune. À Paris, depuis le
1er avril 2025, la déclaration est mensuelle et le paiement trimestriel.
Comment connaître le taux de taxe de séjour d'une commune ?
Le simulateur officiel taxesejour.impots.gouv.fr donne les tarifs votés par
chaque commune. Pour un logement non classé, la fourchette nationale 2026 va
de 1 % à 5 % du coût de la nuitée par personne, plus les taxes additionnelles.