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Taxe de séjour Airbnb 2026 : qui collecte, qui reverse

Par Victor Chevalier · · 8 min de lecture

En bref

Sur Airbnb, la plateforme collecte la taxe de séjour au moment de la réservation et la reverse à la commune, dans les villes qui l'ont instaurée au réel : l'hôte n'a rien à déclarer pour ces séjours. Sur Booking.com, elle n'est collectée que pour les séjours payés d'avance par Paiements par Booking.com, sinon l'établissement la perçoit sur place. Pour une réservation directe, c'est le loueur qui collecte, déclare et reverse.

La taxe de séjour est payée par le voyageur, mais ce n'est pas toujours la même personne qui la collecte : selon le canal, c'est Airbnb, Booking.com ou le loueur. Une conciergerie qui gère des logements sur les trois doit savoir, séjour par séjour, qui s'en est chargé. Ce guide reprend les règles officielles de 2026, le barème et les exonérations, puis ce que cela change pour une conciergerie. Il est écrit par l'éditeur d'un logiciel né dans une conciergerie, et chaque règle citée a sa source en lien.

Ce qu'est la taxe de séjour, en trois règles

La page Taxe de séjour : quelles sont les obligations des hébergeurs ? du ministère de l'Économie, écrite le 15 janvier 2026, pose le cadre.

  1. C'est un impôt local. La commune ou l'intercommunalité qui l'instaure fixe sa période de perception et ses tarifs, et les transmet à l'administration fiscale avant le 15 septembre de l'année précédente.
  2. Elle vise tous les hébergements touristiques payants, meublés de tourisme compris.
  3. Elle se perçoit au réel ou au forfait. Au réel, le voyageur la paie en plus de la nuitée, par personne et par nuit. Au forfait, l'hébergeur la paie lui-même selon la capacité d'accueil du logement.

La distinction compte : les plateformes ne collectent que la taxe au réel. Dans une commune au forfait, c'est le propriétaire qui paie, même pour ses séjours Airbnb.

Sur Airbnb : la plateforme collecte et reverse

La page Collecte et versement par Airbnb de la taxe de séjour en France est claire : Airbnb collecte la taxe pour les réservations faites sur sa plateforme dans les villes qui l'ont instaurée au réel et qui se sont inscrites auprès de l'administration fiscale. Il collecte aussi les taxes additionnelles du département et de la région, et reverse le tout à la commune au nom des hôtes.

  • La collecte a lieu à la réservation et s'ajoute au prix payé par le voyageur : elle ne réduit pas le versement de l'hôte.
  • L'hôte n'a rien à faire pour ces séjours, ni collecte, ni versement, ni déclaration, qu'il soit particulier ou professionnel. Il ne peut pas non plus refuser cette collecte.
  • Le taux dépend de la catégorie déclarée dans l'onglet Réglementations de l'annonce. Sans elle, Airbnb applique le taux d'un meublé non classé : un logement classé en étoiles doit donc le déclarer.

Un point de vigilance : cette page ne cite, pour l'Île-de-France, que la taxe régionale de 15 %, alors que le ministère y ajoute depuis 2025 une taxe additionnelle de 200 % au profit d'Île-de-France Mobilités.

Sur Booking.com : tout dépend du paiement

La page partenaires Understanding VAT and local taxes de Booking.com distingue deux situations.

Le voyageur a payé d'avance par Paiements par Booking.com. Booking encaisse les taxes exprimées en pourcentage ou en montant fixe par nuit ou par séjour. La taxe fixée par personne, elle, n'est collectée automatiquement en France que pour les logements non professionnels. La France figure enfin parmi les quatre pays où Booking indique calculer et reverser lui-même la taxe des réservations qu'il encaisse.

Le voyageur paie sur place, ou la taxe par personne n'est pas comprise. C'est alors à l'établissement de la collecter à l'arrivée, puis de la reverser lui-même. Les réglages se lisent dans l'extranet, menu Établissement, rubrique TVA, taxes et frais, et ne se modifient qu'en écrivant à Booking depuis la messagerie de l'extranet.

Une conciergerie doit donc vérifier annonce par annonce ce que Booking collecte, et noter sur chaque séjour si la taxe reste à percevoir.

En réservation directe : le loueur fait tout

Quand le voyageur réserve sans plateforme, personne ne collecte à sa place. Selon la page du ministère, le loueur doit :

  • Faire apparaître la taxe sur la facture, à part, car au réel elle n'est pas soumise à la TVA.
  • La reverser au comptable public aux dates fixées par la commune, mensuelles, trimestrielles ou annuelles selon la décision locale.
  • À Paris et dans certaines communes d'Île-de-France, déclarer chaque mois et payer chaque trimestre sur taxedesejour.paris.fr, depuis le 1er avril 2025.

En l'absence de déclaration ou en cas de retard de paiement, le maire peut engager une taxation d'office après mise en demeure, et tout retard de versement coûte un intérêt de 0,20 % par mois.

Canal de la réservation Qui collecte Qui reverse à la commune Ce que fait le loueur
Airbnb (commune au réel) Airbnb, à la réservation Airbnb Déclarer la bonne catégorie dans l'annonce
Booking.com, payé d'avance Booking.com (taxe par personne : non professionnels seulement) Booking.com, selon sa page partenaires Vérifier la rubrique TVA, taxes et frais
Booking.com, payé sur place L'établissement, à l'arrivée L'établissement Collecter, déclarer, reverser
Réservation directe Le loueur Le loueur Facturer à part, déclarer, reverser
Commune au forfait Personne Le loueur Déclarer en mairie, payer selon la capacité

Le barème 2026 et le calcul pour un meublé non classé

Chaque commune vote son tarif dans une fourchette nationale. Selon la fiche Taxe de séjour touristique : quels sont les tarifs ? de service-public.fr, vérifiée le 1er janvier 2026, un meublé de tourisme classé paie par personne et par nuit entre 0,20 € et 0,80 € pour une étoile, et jusqu'à 3,60 € pour cinq étoiles.

La plupart des logements gérés par une conciergerie ne sont pas classés. Pour eux, la commune vote un taux compris entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée par personne, hors taxes, dans la limite du tarif le plus élevé qu'elle a adopté. Le département peut y ajouter une taxe additionnelle de 10 %.

Un exemple, avec des chiffres posés pour l'illustration : un appartement non classé loué 120 € la nuit à deux adultes pendant trois nuits, dans une commune à 5 % et un département à 10 %. La nuitée coûte 60 € par personne, la taxe communale est de 3,00 € (60 × 5 %), la départementale de 0,30 €, soit 3,30 € par personne et par nuit, et 19,80 € pour le séjour (3,30 × 2 × 3). Le vrai taux de chaque commune se lit dans le simulateur officiel des tarifs.

Qui ne paie pas : les exonérations

Les exonérations ne valent que pour la taxe au réel. Le ministère en liste quatre : les mineurs, les personnes en hébergement d'urgence ou en relogement temporaire, les saisonniers employés dans la commune, et les occupants d'un logement dont le loyer est inférieur à un montant fixé par la commune.

Sur Airbnb, la page Obtenir un remboursement si vous bénéficiez d'une exonération précise que les moins de 18 ans sont exemptés automatiquement si leur âge est bien saisi, tout comme les séjours de plus de 365 jours. Pour les autres cas, le voyageur demande le remboursement à la mairie, pas à l'hôte.

Conciergerie : la taxe de séjour sur la facture du propriétaire

Qui déclare les séjours directs ? Le redevable est l'hébergeur, donc en principe le propriétaire. Si la conciergerie encaisse les réservations directes pour lui, le contrat doit dire qui collecte, qui déclare et à quelles dates. Les clauses à prévoir sont dans Contrat de conciergerie Airbnb : les clauses clés, comme celles de la caution.

Sur quoi se calculent les honoraires ? La taxe n'est un revenu ni du propriétaire ni de la conciergerie : elle appartient à la commune. Une commission calculée sur un montant qui la contient prélève un pourcentage sur un impôt. La facture au propriétaire la montre donc à part et la sort de la base des honoraires.

Comment éviter la double collecte ? Un voyageur Airbnb a déjà payé sa taxe. La lui redemander à l'arrivée, parce que le même logement la perçoit sur place pour Booking, est l'erreur classique d'un planning tenu à la main. C'est l'une des décisions à cadrer avant le premier logement, avec celles du guide Devenir conciergerie Airbnb.

Comment Chevalier PMS traite la taxe de séjour

  • Quand la plateforme transmet le montant de la taxe, c'est lui qui fait foi, et il apparaît sur le détail de la réservation.
  • Le barème de la commune, taux et plafond par nuit, se règle dans Paramètres, onglet Entreprise. Il sert à calculer la part de taxe comprise dans le prix d'une réservation directe, mineurs déclarés retirés.
  • La taxe n'est jamais comptée comme un revenu : elle a sa propre ligne sur la facture au propriétaire, et une case des règles de facturation la retire de la base des honoraires.

Le logiciel coûte 35 € HT par mois pour le premier logement, puis 8 € HT par logement supplémentaire, avec 15 jours d'essai : le détail est sur la page des tarifs.

Questions fréquentes

Qui doit payer la taxe de séjour sur Airbnb ?

Le voyageur. Airbnb l'ajoute au prix à la réservation et la reverse à la commune, dans les villes qui l'ont instaurée au réel. L'hôte n'a rien à déclarer pour ces séjours, mais il doit indiquer la bonne catégorie de logement dans l'onglet Réglementations.

Booking.com collecte-t-il la taxe de séjour en France ?

Pas toujours. Pour un séjour payé d'avance par Paiements par Booking.com, Booking encaisse la taxe, y compris la taxe par personne d'un logement non professionnel. Pour un séjour payé sur place, l'établissement la perçoit à l'arrivée et la reverse lui-même.

Faut-il déclarer la taxe de séjour d'une réservation directe ?

Oui. Le loueur la fait apparaître à part sur la facture, puis la reverse au comptable public aux dates fixées par la commune. À Paris, depuis le 1er avril 2025, la déclaration est mensuelle et le paiement trimestriel.

Comment connaître le taux de taxe de séjour d'une commune ?

Le simulateur officiel taxesejour.impots.gouv.fr donne les tarifs votés par chaque commune. Pour un logement non classé, la fourchette nationale 2026 va de 1 % à 5 % du coût de la nuitée par personne, plus les taxes additionnelles.