Un voyageur se présente devant la porte à 17 h. Sa réservation est confirmée,
il a payé, il a le code. Le logement est occupé depuis la veille par quelqu'un
d'autre, qui a payé aussi, sur une autre plateforme.
À partir de là, la facture s'allonge vite. Il faut reloger quelqu'un le soir
même, au prix du soir même. La plateforme rembourse le voyageur et vous
refacture la différence. Le compte hôte encaisse une pénalité d'annulation.
Et l'avis qui suit reste en ligne des années.
Cette panne a une cause mécanique, et elle se règle.
Deux plateformes, deux calendriers, aucune conversation
Airbnb tient son calendrier. Booking.com tient le sien. Aucune des deux ne
sait que l'autre existe, et aucune des deux n'a de raison de vous prévenir
avant de vendre une nuit.
Quand un voyageur réserve sur Airbnb du 12 au 15, Airbnb bloque ces trois
nuits chez lui, immédiatement. Chez Booking, elles restent en vente. Tant que
personne ne va fermer ces nuits à la main ou par un automatisme, le logement
est en vente deux fois.
Plus vous ajoutez de plateformes et de logements, plus la fenêtre s'ouvre. À
deux logements sur deux plateformes, la vigilance suffit encore. À quinze
logements sur quatre canaux, elle ne suffit plus.
Le calendrier partagé, et là où il craque
La première réponse que tout le monde essaie, c'est le calendrier partagé, au
format iCal.
Le principe tient en deux phrases. Chaque plateforme publie à une adresse
internet un fichier texte qui liste vos nuits occupées. Vous collez cette
adresse chez l'autre plateforme, qui va la lire régulièrement et bloquer les
mêmes nuits chez elle.
C'est gratuit, ça se met en place en dix minutes, et ça marche à peu près.
Trois défauts près.
Le délai. Airbnb écrit noir sur blanc dans
son centre d'aide que le
calendrier se met à jour toutes les trois heures, et qu'un rafraîchissement
manuel existe si vous voulez aller plus vite. Trois heures, c'est une fenêtre.
Un week-end de février, deux voyageurs peuvent réserver la même nuit à quinze
minutes d'intervalle sur deux sites différents, et les deux réservations sont
valides.
Le chaînage. Avec trois plateformes, vous ne branchez pas un fil, vous en
branchez six, chacun avec son propre rythme de lecture. Une nuit vendue sur la
première met le délai de la deuxième à être bloquée sur la deuxième, puis le
délai de la troisième à être bloquée sur la troisième. Les retards s'ajoutent.
Le contenu. Un fichier iCal ne transporte que des dates. Ouvrez-en un, vous
n'y trouverez ni prix, ni durée minimale de séjour, ni fermeture à l'arrivée.
Votre tarif de haute saison, vos deux nuits minimum du week-end, votre
interdiction d'arriver un dimanche : rien de tout cela ne circule. Vous les
saisissez donc à la main, plateforme par plateforme, et vous les tenez à jour
à la main.
Pousser au lieu d'attendre
Un gestionnaire de canaux renverse le sens de la circulation.
Avec l'iCal, chaque plateforme vient lire quand elle en a envie. Vous
attendez. Avec un gestionnaire de canaux, votre logiciel annonce le changement
à chaque plateforme à la seconde où il se produit. Une réservation tombe sur
Airbnb, le logiciel l'enregistre et prévient Booking.com et les autres dans la
foulée. La fenêtre passe de quelques heures à quelques secondes.
Et ce qui circule ne se limite plus aux dates occupées. La même liaison
transporte le prix de chaque nuit, la durée minimale de séjour, les fermetures
à l'arrivée et au départ. Vous fixez votre grille une fois, dans votre
logiciel, et elle est la même partout. Le jour où vous montez les prix de la
semaine du 15 août, vous les montez une fois.
Les réservations reviennent par le même canal. Un séjour vendu sur Booking
arrive dans votre planning avec le nom du voyageur, les dates, le montant et
le numéro de dossier de la plateforme, sans ressaisie. C'est ce numéro que
vous donnerez au téléphone le jour où il faudra parler au service partenaire.
Les quatre trous que personne ne surveille
Une synchronisation qui fonctionne ne suffit pas si quatre choses restent
dehors. Ce sont elles qui produisent les doubles réservations qui restent,
une fois le gestionnaire de canaux en place.
Vos réservations directes. Un séjour vendu par téléphone, par message, ou
sur votre propre site de réservation doit entrer dans le même calendrier que
le reste. Noté sur un carnet ou dans un tableur à côté, il est invisible pour
les plateformes, qui continuent de vendre ces nuits.
Les blocages. Un logement en travaux, une semaine gardée pour le
propriétaire, une remise en état après un dégât : ces nuits ne sont pas
vendables et doivent voyager comme des nuits occupées.
Les annulations. Une réservation annulée doit rouvrir ses nuits à la vente
partout. Quand la réouverture ne part pas, vous ne perdez pas d'argent d'un
coup, vous en perdez lentement, et rien ne vous alerte : un calendrier fermé
ressemble exactement à un calendrier plein. C'est pour cette raison qu'une
vérification automatique quotidienne, qui compare ce que vous croyez avoir
envoyé et ce que la plateforme affiche vraiment, vaut mieux qu'une confiance
aveugle.
Un logement raccordé mais pas relié. Le canal est allumé, la connexion est
verte, et pourtant rien ne passe : le logement n'a jamais été associé à
l'annonce correspondante chez la plateforme. C'est le cas le plus vicieux,
parce que tous les voyants sont au vert.
Ce que vous pouvez vérifier ce soir
Prenez un logement au hasard et déroulez cette liste.
- Ouvrez la même semaine dans votre logiciel, sur Airbnb et sur Booking.com.
Les nuits fermées doivent être les mêmes, à la nuit près.
- Comparez le prix affiché d'une nuit précise sur chaque plateforme avec
celui de votre grille.
- Annulez une réservation de test et regardez, une heure plus tard, si les
nuits sont bien redevenues disponibles partout.
- Cherchez votre dernière réservation directe. Apparaît-elle comme occupée
sur les plateformes ?
- Listez vos logements et vos canaux. Chaque couple logement plus canal doit
être associé à une annonce précise, pas seulement activé.
Si les cinq points passent, votre risque de double réservation est résiduel.
Si un seul échoue, vous savez maintenant lequel réparer en premier.
C'est exactement ce que fait Chevalier PMS : une seule
grille de prix, une seule disponibilité, poussées vers vos canaux, avec une
ronde de vérification qui tourne tous les jours.
Questions fréquentes
Le calendrier iCal suffit-il pour deux logements ?
Il peut suffire si vous ne vendez que sur deux plateformes, avec peu de
rotation et des prix qui ne bougent pas. Dès que la rotation s'accélère ou que
vos prix varient selon la saison, le délai de trois heures et l'absence de
prix dans le fichier deviennent coûteux.
Un gestionnaire de canaux supprime-t-il totalement le risque ?
Il supprime la cause principale, qui est le délai. Le risque résiduel vient
des réservations saisies en dehors du logiciel et des logements activés sans
être associés à leur annonce. Les deux se vérifient, et une vérification
automatique quotidienne les attrape.
Que faire quand une double réservation arrive quand même ?
Appelez le voyageur avant qu'il ne prenne la route, proposez un logement
équivalent et prenez la différence de prix à votre charge. Prévenez ensuite la
plateforme avec le numéro de dossier. Une annulation que vous annoncez coûte
toujours moins cher qu'une porte fermée découverte sur place.
Faut-il un logiciel dédié, ou un gestionnaire de canaux suffit-il ?
Un gestionnaire de canaux seul règle la disponibilité et les prix. Il ne
planifie pas les ménages, ne facture pas les propriétaires et ne répond pas aux
voyageurs. Pour comparer une solution de distribution pure à un logiciel
complet, voir notre
avis sur Beds24.
Les prix passent-ils aussi par la synchronisation ?
Par un calendrier iCal, non : le format ne transporte que des dates. Par un
gestionnaire de canaux, oui, avec les durées minimales de séjour et les
fermetures à l'arrivée et au départ.